En aparté : je vais craquer !

par Charlène
5 minutes de lecture

Aujourd’hui, un petit billet d’humeur qui n’a rien à voir avec le voyage et pas vraiment avec l’expatriationMême si je n’en serais pas là sans ça.  Je vous avez déjà parlé des joies d’être mère au foyer. Aujourd’hui ma situation a changé et pourtant. Un article cet après-midi, parce que je suis au bord de la crise de nerfs. Mais genre vraiment. Vous savez tous les trucs qu’on dit sur le burn out maternel ? Et bien chaque jour qui passe, je peux cocher une nouvelle case.

Je dicte ce texte sur mon téléphone pendant que Chiara, qui ne veut toujours pas dormir, danse sur le lit d’Elliot. Elle a choisi de faire ça au son de la pomme VTech, qui n’a que deux chansons en stock. Et comme elle appuie toujours sur le bouton avant que la chanson ne se termine, c’est du David Guetta en version crèche . Si je suis sur le lit d’Elliot, c’est parce qu’il n’a jamais voulu se mettre dedans en rentrant de l’école et qu’il fait la sieste sur le canapé. Comme Chiara refuse de dormir, je tente de me reposer pendant qu’elle joue. Illusoire évidemment. Du coup, je me suis dit que j’allais partager une petite réflexion, un petit défouloire. Mais ne nous y trompons pas, je sais que les beaux jours sont devant moi. Pourquoi ?

La crèche : “quand te reverrai-je mon pays merveilleux ?”

Primo, Chiara va recommencer la crèche la semaine prochaine. Ah ben oui je vous ai pas dit ?! Quand on a la loose on l’a jusqu’au bout ! En effet, nous avions trouvé une crèche en juin. Mais suite à un méli-mélo, on a dû changer d’établissement au mois d’août. Comme l’adaptation se fait par ordre d’inscription, nous ne pouvions commencer avant octobre. Et puis finalement, si ! Début septembre c’était possible. Mais ô surprise ! Quand je suis allée aux bureaux pour l’inscription, on m’a expliqué qu’en fait non, no way ! Et qu’elle commencerait le 24 septembre.”Si c’est bon pour vous, signora”. Bah non c’est pas bon pour moi mais j’ai comme l’impression que vous vous en foutez non ?

Tout ça parce qu’il font une adaptation participative par petits groupes de 4/5 enfants. Les parents doivent passer la moitié de leur journée à la crèche avec eux pendant 3 jours ! Encore un truc inspiration Montessori repris par des extrémistes qui ont vu la lumière. Bref, ouais ça m’énerve !  Ben oui évidemment je vais passer 3 jours à faire semblant de manger des artichauts en bois et de m’extasier. Oh je vous jure !  D’ailleurs je l’ai inscrite à la crèche que pour ça ! Enfin gros BREF !

Donc ça fait un mois que j’essaye de ranger à peu près notre maison suite à notre déménagement, que je traite des devis et des commandes à moitié la nuit, à moitié entre des siestes, à moitié une main avec un biberon et l’autre sur le clavier de l’ordinateur. Et bien sûr avec un oeil ouvert et l’autre fermé parce que bon : je dors debout. L’autre jour je parlais avec un client au téléphone en mode hyper sérieux pendant que je tentais de réparer une toupie pour que Chiara n’hurle pas. Alors, je ne vous le cache pas, je suis arrivée à un niveau de saturation maximale. Pour ne rien gâcher Chiara se réveille 2 à 3 fois par nuits pour manger depuis 3 mois et c’est que du bonheur ! C’est ça qu’on dit non ?

C’est que du bonheur : l’arnaque moderne

Alors justement parlons-en de cette phrase ! Parce que moi ça me fait bien rire les gens qui vous disent que les enfants c’est génial, que c’est que du bonheur patatatata (Ouais je traîne trop avec les enfants, ça se sent). Est-ce qu’on pourrait arrêter de se mentir une seconde ? J’aimerais bien savoir qui ne s’est pas au moins une fois demandé : “Pourquoi” ? Pourquoi on a fait ça ?

Quel parent n’a jamais pensé à sa vie passée en se disant : mais qu’est-ce qui a mal tourné ?  Qui est cette personne qui avait tout ce temps libre,  qui pouvait faire ce qu’elle voulait, sans être jamais interrompue par un cri suraïgu. Ou une cuillère de purée dans la figure, ou une chute du canapé. Et bien sûr mon préféré: un nouveau look pour son canap : le feutre en mode art abstrait. Bref. On serait pas un peu bipolaires ?

L’hypocrisie des anciens

Vous savez le pire ? Ce sont les gens qui vous disent, une fois que les enfants sont plus vieux : “profitez-en ça passe trop vite. J’aimerais tellement que mes grands soient des bébés à nouveau”. Sérieusement ? C’est parce que vous ne vous souvenez plus du tout comment c’était ! Ah ! C’est formidable l’esprit humain ! Tout ce qu’on endure est rapidement effacé à la première accalmie. Et heureusement ! Mais quand même, je ne suis pas certaine qu’ils seraient si ravis que ça ! J’en veux pour preuve les grands-parents ! Le nombre de fois où ma mère m’a dit : “oh mon dieu il y a un temps pour tout. Je ne  pourrais plus faire ça maintenant.”

Mais tu m’étonnes ! Moi non plus je peux déjà plus le faire !  Et l’autre option n’est pas mieux. Quand on vous sort cette fameuse phrase : “petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes”. Génial ! On fait quoi du coup ? On se pend tout de suite ou on se fait une raclette d’abord ?

Non mais on peut dire ce qu’on veut . Un enfant c’est pas humain. Moi je comprends toutes les cultures où les gens vivent ensemble, à plusieurs, pour gérer ce truc absolument bouleversant qu’est un enfant. Parce qu’on n’est pas vraiment formatés pour ça. Pour se scinder en mille morceaux tout le temps, pour en permanence devoir abandonner quelque chose qu’on est en train de faire dans le seul but de satisfaire un besoin immédiat et une dépendance absolument affolante.

L’oubli de soi

j’aime mes enfants de tout mon cœur. J’aime passer du temps avec eux, faire des activités. J’adore quand Elliot me sort une phrase improbable ou que Chiara se met à danser sur une musique. Même la pomme. Enfin j’aimerais bien qu’elle change de jouet là tout de suite maintenant. Mais quand même, des fois je me sens oppressée avec un sentiment coupable. Se dire : “Mais quand est-ce que ça va s’arrêter ? Quand est-ce que ce jour va arriver ? Celui où ils monteront dans leur chambre et s’amuseront sans que j’ai peur qu’ils ne roulent dans les escaliers. Ou juste qu’ils n’auront pas besoin que je les regarde faire semblant de préparer à manger avec une vis et un boulon. Le jour, bien sûr, où on ne se fera pas réveiller la nuit pour une envie de pipi ou parce que quelqu’un a soif . Parce qu’évidemment il est là le nerf de la guerre, le point de départ de la crise : la fatigue.

Bref en un mot comme en cent  : on est dans le dur et personne ne devrait être seul dans une situation pareille. Ça passera, tout passe.  Et peut-être même qu’un matin je me réveillerai triste en disant aux futurs ou jeunes parents : “profitez ça passe trop vite”. En plus je le ferai. J’ai trié du linge d’Elliot bébé pour une copine enceinte. Ça m’a fichu le blues.

Enfin vous voulez que je vous dise ? J’espère me rappeler ce qu’il y aura dans leur tête à cet instant précis. J’espère me souvenir que dans leur détresse, au fond d’eux ils se diront : “Pitié que ça passe trop vite ! On veut dormir ! On veut avoir une soirée normale ! On veut se doucher sans spectateur !” Non mais sérieusement ! Quand je vais aux toilettes c’est la coupe du monde ! Mes 2 enfants sont là pour faire les commentaires.

T’as fait pipi bravo !!!!!!

La loi du silence

Ce qui me fait rire au sujet des enfants c’est l’espèce de tabou voire de mauvaise foi qui habite tout jeunes parents. Même quand on se voit entre nous et qu’on est finalement unis par la même galère. Tout le monde est là, à se dire : “Non mais c’est super les enfants, ah et puis elle fait ça c’est rigolo”. Un truc relou en réalité. Du genre : “elle adore ranger… à sa manière”. Ce qui veut en fait dire : “elle a mis les placards sans dessus dessous, on trouve plus rien”. Le : “oui c’est un peu fatiguant mais c’est la vie”. Un peu fatiguant ?! Arrêtons ! Surtout ne ressortez pas une photo de vous avant d’avoir des enfants vous allez pleurer ! Vous savez dans Harry Potter quand il accède au Chemin de Traverse par un bar ? Bon bah c’est un peu la même idée sans le bar. Sauf si le bar vous a amené à avoir un enfant. Là c’est une autre histoire. Bref un enfant arrive et c’est comme si vous preniez un tunnel direct vers la vieillesse. BIM 10 ans dans la figure en 2 ans à peine. Quand avec vos potes vous parlez diversification et portage au dîner, faut commencer à se remettre en question !

De l’importance de l’entourage

Évidement vous sentez bien que tout ça n’a ni queue ni tête. J’extrapole et ça m’amuse. J’aime bien pousser les choses dans l’absurde. Cela étant et je vous jure que je n’invente rien : au moment où je vous parle, Chiara vient de rentrer dans le tiroir de la table de chevet d’Elliot…

Plus sérieusement des fois je rêve de légèreté.  On a beau avoir des pauses, nos parents qui sont prêts à les garder un certain temps, ce n’est quand même plus jamais pareil. Un enfant c’est comme un Seven Eleven, ça ne s’arrête jamais ! Il n’y a pas d’ horaires d’ouverture, pas d’horaires de fermeture. On vit dans l’aléatoire en permanence. Alors moi je vous le dis en toute franchise : il est temps que la crèche reprenne, parce que je sais que même avec ça, ce ne sera pas suffisant. Parce que récupérer toute la clique à 16h, ça laisse encore beaucoup de temps pour se faire malmener. Pour devoir gérer beaucoup de soucis. Pour avoir des grands bonheurs aussi mais beaucoup de moments de solitude également. Et c’est là où je rejoindrai la question de l’expatriation. Être seul et loin, avec des enfants en bas âge, c’est compliqué.

Ne pouvoir compter sur personne d’autre que soi et Nico quand il peut rentrer plus tôt ou venir manger avec moi le midi, c’est un peu maigre. Alors entre nous, en aparté : je vais craquer. Enfin non, parce que j’ai écris ce texte et que ça m’aide à respirer, souffler un bon coup et faire passer la pilule. La lumière est au bout du chemin !

Allez haut les cœurs ! Il paraît qu’ils finissent par grandir et certains diraient même que ça passe trop vite !

♥ Cet article vous a plu ? Partagez-le sur Pinterest ! ♥

Vous aimerez aussi

3 commentaires

Aline 7 janvier 2019 - 17 h 18 min

ah la la ! Que c’est vrai tout ca ! Et suivi de ce sentiment de culpabilité de ressentir cela !

Reply
Guevara 31 juillet 2019 - 12 h 21 min

Bonjour je suis Espagnole et je vis en France depuis 1 ans, tu sais les creches a Cannes c est le bordel aussi. Si tu est pistonnee, tu as une place dans la semaine, sinon c est des mois et des mois d attente

Reply
Charlène 4 août 2019 - 14 h 33 min

Coucou oh oui les crèches en France ont des délais très longs. Heureusement nous avons par contre la chance d’avoir beaucoup d’assistantes maternelles ce qui n’existe pas en Italie. L’article date un peu mais il mettait plutôt en avant la difficulté de ne pas avoir de famille près de soi dans un pays où l’on fait peu d’enfants et où l’on compte essentiellement sur les grands parents pour les garder. Sans compter qu’il n’y a pas d’équivalent de la CAF et que l’on paye tout de sa poche. 😉

Reply

Laisser un commentaire

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More