Partir vivre en Italie : comment préparer son expatriation ?

partir vivre en Italie quelles sont les démarches ?

Vous souhaitez vous installer en Italie, vous vous expatriez au pays de la dolce vita pour le travail ou les études ?Avant de tout quitter pour cette nouvelle expérience, vous vous posez sans doute une montagne de questions. Je vous comprends ! Nous sommes passés par là. Pour préparer votre départ en Italie le plus sereinement possible et avoir toutes les clés en main pour réussir votre installation dans ce nouveau pays, voici un guide complet 100% terrain, 100% vécu. Dans ce premier volet, nous parlerons des démarches à effectuer avant de partir vivre en Italie. Un second article abordera la question des démarches nécessaires lors de votre arrivée en Italie. Autant vous dire que l’administratif est vraiment obscur dans le bel paese ! J’en veux pour preuve cet article qui nous a fait nous arracher les cheveux. Nous n’étions pas d’accord sur tout avec Nico et nous avons eu beaucoup de mal à obtenir les bonnes infos. Mais c’est bon, on y est arrivé (on espère!).

Quelle différence entre expatrié et détaché ?

Dans ce premier article, nous parlerons de démarches obligatoires, que vous soyez expatriés, détachés ou venus pour étudier à l’étranger. Pour notre part, nous sommes en contrat local, dans une antenne italienne de la société française de mon mari, Nicolas. Nous dépendons donc entièrement du régime italien pour la couverture sociale, ce qui fait de nous des expatriés.

Les personnes détachées sont encore rattachées à la sécurité sociale française, leur employeur continuant à cotiser. Dans les faits cependant, une inscription au régime italien, pour pouvoir aller chez le médecin sur place, est nécessaire. Les démarches propres à ce cas de figure seront traitées dans le prochain article.

Quelle que soit votre situation, avant même de dire ok à votre patron, avant de tout plaquer pour aller siroter des Spritz en vivant d’amour et d’eau fraîche, qu’il s’agisse de travail, d’étude ou de retraite, il est important d’avoir conscience des démarches qu’il va falloir entreprendre et de leur lourdeur.

Partir vivre en Italie :  sommaire

Obtenir le codice fiscale

Le codice fiscale est la base de toute votre vie en Italie. Cette longue suite alphanumérique, que l’on pourrait apparenter au numéro de sécurité sociale français, est la condition sinequanone à toute démarche dans le bel paese. Vous aurez besoin du codice fiscale pour ouvrir un abonnement téléphonique ou internet, un compte bancaire, inscrire vos enfants à l’école, faire votre inscription à la sécurité sociale italienne, mais aussi plus curieux : acheter un billet de spectacle par exemple. J’en parlais avec humour dans cet article il y a quelques temps. Plus tôt vous aurez le Graal, plus vite vous pourrez entreprendre les autres joyeusetés administratives qui vous attendent. Et quel beau moyen d’apprendre la langue, sur le tas ! #RireJaune

Démarches pour avoir son codice fiscale

Pour obtenir votre pass ou devrais-je dire, votre multipass (#CinquièmeElément), vous devrez vous rendre à l’Agenzia delle entrate.  Ne vous laissez pas attendrir par le nom, ça n’a rien de mignon. Il ne s’agit ni plus ni moins que du fisc ! Il est possible de prendre rendez-vous en ligne. Et si vous voulez gagner du temps, vous trouverez les formulaires à remplir ICI.

Vous pourrez effectuer cette démarche avant même d’habiter en Italie en optant pour le statut de non-résident. (Qu’il faudra modifier par la suite). Le consulat italien en France vous permet également de réaliser cette démarche sans quitter l’Hexagone.

Important : le codice fiscale est personnel. Il faut en demander un pour chaque membre de la famille, y compris les bébés et les enfants.

Attention ! Si vous cherchez des informations sur le codice fiscale vous tomberez sans doute sur un simulateur en ligne. Il n’est pas très fiable et pourrait vous proposer un codice déjà attribué. Mieux vaut faire vos démarches avant de le fournir à un quelconque service.

Nous vous recommandons de le faire le plus tôt possible pour éviter que vos démarches ne prennent trop de retard une fois sur place.

Obtenir des formulaires multilingues

Voilà bien un point casse-tête une fois en Italie et simplissime lorsque l’on est encore sur le territoire français. Pour plusieurs démarches et notamment l’inscription à la sécurité sociale, l’administration italienne réclame des formulaires multilingues. Vous aurez notamment besoin des :

  • Actes de naissance avec filiation
  • Acte de mariage

Le livret de famille ne compte pas. La plupart des consulats pourront vous orienter vers des traducteurs assermentés quand d’autres mairies prendront plusieurs semaines pour vous faire parvenir ces papiers par courrier. ALORS QUE : vous pouvez avoir ces documents en quelques minutes directement en mairie. Nous vous recommandons donc chaleureusement de les demander avant votre départ pour avoir l’esprit tranquille.

Les actes multilingues ne sont pas directement traduits. Il s’agit de vos documents en français, présentés sous forme de tableaux avec des numéros. Chaque numéro possède sa traduction en différentes langues.

exemple d'acte de mariage multilingue

Gérer l’immatriculation des voitures : plaques italiennes oui ou non ?

Sujet épineux que celui des plaques. Si vous n’avez pas de voiture de fonction et que vous vous installez en Italie avec votre véhicule personnel, vous devriez normalement faire changer vos plaques.

Une nouvelle législation vient d’ailleurs d’être mise en place laissant 60 jours aux résidents étrangers pour poser des plaques italiennes, sous peine d’une amende de 712 euros et d’une confiscation du véhicule jusqu’à la modification de l’immatriculation. Merci Salvini et son amour légendaire des étrangers… Oui l’Italie c’est ça aussi.

Mettre des plaques italiennes dans les faits

Concrètement, changer ses plaques n’est pas si simple et ne peut pas se faire en un mois et demi. À l’instar de beaucoup de choses en Italie, le système est à deux vitesses. Vous pouvez en effet effectuer les démarches seuls, mais il semblerait que le recours à des sociétés privées accélère les choses (bizarre non ?).

Le coût est élevé, environ 600 euros par véhicule. Et les papiers demandés sont parfois ahurissants. Des certificats de conformité pour des Peugeot par exemple ! Selon les marques vous serez plus ou moins bien lotis mais rien que ce papier peut facilement coûter 200 euros.

Quelles démarches pour changer ses plaques françaises ?

Avant de quitter la France, vous devrez demander l’annulation de l’immatriculation française auprès de l’autorité de contrôle de la circulation. Vous recevrez un certificat d’annulation, un formulaire de spécifications techniques du véhicule et une plaque d’immatriculation provisoire. Tout ces documents permettent de conduire en Italie avant le retrait de la carte grise.

L’Automobile Club d’Italia ou une auto-école assermentée pourront vous accompagner dans la suite des démarches (moyennant finance), une fois en Italie.  Les coûts varient sensiblement d’un prestataire à l’autre. Vous pouvez également vous rapprocher de la Motorizzazione Civile de votre ville.

Une inspection technique vérifiera que le véhicule répond aux normes italiennes, avant d’être porté au Registre public des automobiles dans les 60 jours. Les délais peuvent être très longs.

Quels risques si vous ne changez pas vos plaques françaises en Italie ?

En cas de contrôle, il ne doit jamais apparaître que vous êtes résident italien. Donnez vos papiers français et dites que vous êtes en vacances. À priori, les policiers n’auront pas de moyens de savoir que vous avez la résidence.

Concernant l’assurance, c’est une autre affaire. Les assureurs français peuvent avoir certaines exigences, comme une présence à fréquence régulière sur le territoire français. Il faudra vous rapprocher de votre assureur pour connaître ses conditions. Tout cela est donc un risque à mesurer au cas par cas. Et un coût à calculer car les assurances coûtent très cher en Italie. (D’où la mesure d’obligation pour éviter l’évasion fiscale en gardant son assureur dans son pays d’origine ou en achetant sa voiture dans un autre pays de l’UE). Et il faudra refaire la démarche au retour en France.

Si c’était à refaire : nous vendrions nos voitures en France et nous achèterions des véhicules en Italie. Plus simple.

Pour aller plus loin :

Voici deux sites qui vous expliqueront les démarches à effectuer pour changer vos plaques :

Trouver un logement en Italie

L’affaire est complexe. Bien entendu, vous aurez peut-être une agence de relocation mise à disposition par votre entreprise. Si ce n’est pas le cas ou si vous plaquez tout pour venir vous installer en Italie (drôle d’idée mais bon chacun fait fait fait ce qui lui plaît plaît plaît), voici quelques informations.

  • Le marché locatif en Italie est complexe

Les réglementations pour protéger les locataires sont encore plus strictes qu’en France, ce qui rend les italiens très frileux concernant la location. Le plus souvent, les biens se trouvent via le bouche à oreille et se louent par cooptation. Ne désespérez pas cependant, certaines agences auront quelques produits à vous montrer.

  • Le loyer est négociable

Hey ! C’est l’Italie hein ! Ne soyez pas étonnés si on vous dit qu’on peut s’arranger. Ou si vous gagnez la couleur des murs de votre choix contre l’assurance de prendre le logement.

  • L’état des lieux : un concept flottant

Si certains bailleurs sont carrés et détaillent tout, notamment dans les meublés, la plupart des logements ne sont pas soumis à un état des lieux aussi strictes qu’en France. C’est un des premiers choc culturel que nous avons vécu. Dans notre premier appartement, les locataires étaient partis avec toutes les ampoules et plusieurs étagères de penderie…

  • Les biens familiaux sont rares

Pour les raisons déjà évoquées mais aussi parce que le taux de natalité est très bas en Italie, il peut être difficile de trouver des biens avec 3 chambres ou plus, même dans les grandes villes. Un appartement familial peut donc prendre plus de temps à être dégoté.

Apprendre l’italien avant de quitter la France

Prendre des cours avant votre départ est une bonne façon d’acquérir certaines bases et de se retrouver moins perdus à l’arrivée. La conversation reste cependant la meilleure école. Pour ma part, je n’ai pas pris une leçon, je suis arrivée avec un vocabulaire vraiment très très faible et malgré le fait que je ne travaille pas avec des italiens, j’ai réussi à apprendre sur le tas. Je ne suis pas parfaitement bilingue, mais cela fait un moment que la barrière de la langue n’existe plus.

Pour vous mettre en jambes vous pouvez cependant utiliser les méthodes ou applications suivantes :

  • Assimil
  • Duolingo
  • Reverso

Dès notre arrivée j’ai également regardé beaucoup de dessins animés en italien avec les enfants. Tout les dialogues sont intelligibles, ce qui aide beaucoup à la compréhension et à l’apprentissage.

Sinon, ça marche aussi !

Quelles obligations vis à vis des institutions françaises

Vous êtes tenus d’informer tous les organismes français de votre nouveau statut de français à l’étranger. Sécurité sociale, CAF, centre des impôts, mutuelle, assurance habitation si vous louez votre logement pendant votre absence, etc. Selon votre situation, certaines prestations sociales pourraient être maintenus mais cela est vraiment du cas par cas. L’administration fiscale doit également être informée ainsi que votre banque. Pensez à effectuer les changements d’adresse et à faire suivre votre courrier au moins 6 mois (un an c’est encore mieux le temps que tout se mette en place !).

Pour être conseillé sur tous les cas particuliers et comprendre de quelle situation vous relevez, n’hésitez pas à contacter le CLEISS (Centre des liaisons européennes de sécurité sociale). Ils sont vraiment très bons !

Vivre à l’étranger en famille

L’expatriation est un projet énorme dont on ne mesure pas toujours à l’avance les impacts. Il est important d’en parler en famille et de bien préparer ses enfants au départ. Je vous invite à consulter mon article : Préparer ses enfants à une expatriation pour retrouver mes conseils et supports.

Le couple peut également être très déstabilisé par ce changement de situation et il est important de se préparer et de communiquer tout le long de l’expatriation.

Voici donc les éléments phares pour vous aider à mieux préparer votre départ en Italie. Dans le prochain article, nous aborderons l’arrivée chez nos voisins transalpins. Les démarches obligatoires ainsi que l’inscription pour la couverture sociale selon que vous soyez expatriés, détachés ou étudiants.

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Une réponse

  1. Bonjour Charlène!
    C’est par hasard que j’ai découvert ton site et tout ce que tu y mentionnes est fort utile, bien organisé et plein d’humour. Je suis une Québécoise de 61 ans qui déteste l’hiver québécois – ben oui y’en a – et je précise “québécois” car ça n’a rien à voir avec l’hiver français ou italien, mais plutôt avec l’Islande. Mais je m’égare. J’ai étudié l’Italien à l’université et me débrouille assez bien, et je parle l’anglais couramment comme beaucoup de Québécois. J’ai vécu plusieurs années à New York, passé beaucoup de temps dans le Maine et voyagé à l’extérieur du Canada et des États-Unis. Depuis toute petite, j’ai toujours su que ma vie était “ailleurs” et l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit qu’il en puisse être autrement. Vivre en Italie est un projet qui me tient à cœur depuis TRÈS longtemps et je suis assez bien informée et consciente de ce que ça implique. Dans mon cas il s’agit bien, en effet, de tout plaquer – comme tu le mentionnes dans un de tes articles – et j’ai remarqué ton septicisme à ce sujet. Suis-je irréaliste de vouloir me lancer dans cette aventure? Par contre, ce qui me plaît et que j’ignorais, c’est l’amour que semblent avoir les Italiens pour les chiens. Ma fille, une chihuahua miniature, s’y sentirait donc chez elle? Pour ce qui est de la paperasse et de la bureaucratie je ne suis pas trop inquiète: dans ce domaine, les Québécois sont rois! Et pour les appartements, je n’ai aucun mal à te croire car je consulte régulièrement les annonces de location et d’achat sur internet et je n’en crois pas mes yeux! Gli appartamenti sono brutti, brutti, brutti! Fils et tuyaux sortant des murs, cuisines et salles de bains en pièces détachées et hyper-quétaines, fenêtres minuscules et toujours ces cadres en bois marron si moches, et la propreté ne semble pas être au rendez-vous… J’avoue que du côté appart, je suis plutôt découragée… Mais pas inquiète: le Vatican et le bon pape François nous trouveront bien un petit placard à partager avec les gardes Suisses. Au plaisir de te lire et bisous de Montréal!
    P.S.: meilleure façon d’apprendre l’italien en ligne, d’après moi, c’est le site d’Alberto Arrighini, ItalianoAutomatico. Alberto et sa famille sont très attachants. Ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciaoooooooo!!!……..

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